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Le CRM à l'ère du 2.0
Depuis quelques mois, tout le monde cherche à surfer sur le phénomène « web 2.0 ». On décline le concept à toutes les sauces, on essaye de se l'approprier en rajoutant une petite fonction à la va-vite dans ses applications, et d'une pierre deux coups, c'est l'entreprise toute entière qui passe à l'ère du 2.0. Mais à vouloir exploiter le sujet dans la précipitation, on est en droit de se demander si les éditeurs de logiciels ont réellement pris toute la mesure de ce que peuvent apporter aujourd'hui les technologies web 2.0 et les usages associés en termes d'applications métiers.
En effet, ‘confort' et ‘convivialité' semblent être les deux mots clés de tout ce qui touche aux technologies "2.0" et ces dernières ne seraient donc là que pour permettre aux utilisateurs finaux de personnaliser leur interface de travail, réorganiser leurs fenêtres et faire glisser fichiers et icônes d'un simple clic de souris.
Est-ce vraiment là tout ce que le web 2.0 a à offrir ? Aujourd'hui, les métiers de l'informatique évoluent parce que le rapport des gens à l'informatique en général a évolué et parce que, de fait, les problématiques métier ont évolué - pour le CRM comme pour les autres. L'usage des logiciels n'est plus perçu comme une contrainte - c'est une victoire en soi - mais inversement les utilisateurs supportent de moins en moins les imperfections, à commencer par la lenteur de la remontée des informations. Au centre de l'opposition frontale entre Client Serveur et application 100% web depuis des années, cette problématique est amenée à disparaître avec l'avènement d'Ajax et plus généralement des technologies web 2.0. En effet, l'intégration de ces technologies dans les progiciels de CRM permet d'optimiser le taux de réponse en ne rechargeant que partiellement les pages, ce qui favorise la remontée des informations et améliore grandement la productivité des utilisateurs.
Cela est d'autant plus essentiel pour les services clients car la vitesse de traitement de l'information est l'une des données-clé de leur activité : autrefois, en mode 100% web, il fallait choisir entre des fiches clients lourdes ou bien partiellement complètes. Désormais, on peut tout avoir : des fiches clients reliées à une base de données de plusieurs Gigaoctets d'informations, une interface légère, une navigation rapide, et un accès quasi-instantané pour les hotliners à des dizaines de milliers d'articles de tous formats (y compris multimédia) regroupés dans une base de connaissance. Cette dernière sera d'autant plus facile à utiliser que les tag-clouds, les « nuages de mots-clés » viennent renforcer les autres modes de navigation. Sans négliger la navigation par arborescence ni la recherche par mots-clés, la navigation relationnelle permet d'encourager le hotliner à apporter une réponse pertinente et complète dans un contexte parfaitement ludique.
Pour leur part, les flux rss - autre fer de lance du web 2.0 - sont également amenés à bouleverser le rapport du métier du CRM au facteur ‘temps'. Finis les envois d'alertes par e-mail ; les informations remontent directement par les flux et permettent de suivre véritablement en temps réel, grâce au rafraîchissement permanent, l'évolution de chaque demande que ferait un client à une hotline (accusé de réception, réponses, demande d'information complémentaire…). Et les possibilités d'utilisation de ces flux sont nombreuses : par exemple, les commerciaux peuvent s'ils le souhaitent utiliser un flux rss pour suivre l'ensemble de leurs clients - leurs problèmes, leurs questions - créant ainsi un relationnel sur le long terme.
A toutes ces problématiques métier viennent évidemment se greffer les questions de personnalisation de l'interface de travail, de confort et de convivialité - il n'est pas question de le nier. Mais réduire l'apport du web 2.0 à cette portion congrue serait nier la révolution qui est en marche, une révolution qui combine à la fois des technologies et les usages que l'on en fait. Car, c'est une évidence, se profile à son tour l'avènement du CRM 2.0.
François Silvain, Directeur Général de Neocase Software
1. Posté par
Laurent
le 21/11/2006 07:43
Pour ma part je pense que les principes qui font le succès du Web 2.0 existent deja depuis un moment dans les logiciels CRM collaboratifs, qui misent beaucoup sur la présentation de l'information par profils d'utilisateurs et en temps réel.
http://www.abusinessware.com/abw-logiciels.nsf/Logiciel/crm
2. Posté par
Lidia Boutaghane
le 21/11/2006 10:22
Je trouve dommage que vous réduisiez les apports du Web 2.0 à uniquement des fonctionnalités logicielles. Vous ne parler en rien de la mutualisation, du collaboratif, de la cocréation. Réduire les apports possibles du Web 2.0 au CRM à cette portion incongrue de « technicité », c'est nier la véritable révolution qui est en marche : l'avènement du CRM 2.0 qui combine à la fois technologies et collaboratif !
Mais rien de cela n'a été dit dans votre article. Va t-on continuer à enfermer le Web dans une sphère de technicité, aux dépens des services et des potentialités humaines qu'il peut apporter ? Certes, la technologie est inhérente au Web, mais elle n'est qu'un moyen et pas une fin en soi !
Les vraies avancées vers le CRM 2.0 sont celles qui permettront :
* de centrer son activité sur ses clients grâce à la collaboration,
* la mise en place de communautés de clients et la prise en compte de leurs suggestions,
* la possibilité de leur offrir un espace de réflexion ou de travail dans le but de customiser ou co-créer des produits, pour le compte de leur marque ou produit préférés.
Dans CRM, en anglais, il y a les mots Customer, puis Relationship et Management. Les éditeurs de logiciels de CRM doivent d'abord prendre en compte, le Client, puis le lien entre le client et l'entreprise, c'est-à-dire, la Relation, et seulement après ( !) la Gestion (dont le support est : la technologie).
L'argumentation qui irait dans le sens du Web 2.0 dans le CRM doit tenir compte de cet impératif. Le Web 2.0 se définit par la notion même de collaboration grâce à l'intelligence collective (voir définition par O'Reilly : http://radar.oreilly.com/tag/web_20).
http://www.clientaucoeur.com
3. Posté par
PH Langlois
le 28/11/2006 14:08
La remarque de Laurent est juste et mérite un approfondissement, d'autant que les points que Lidia évoque sont tout à fait pertinents.
D'une manière générale, les avancées et avantages que propose le web 2.0 sont sur les nouveaux usages qui naissent sur Internet. On pourra y compter tout ce qui a trait à la génération du contenu par les utilisateurs eux-mêmes (User Generated Content), quelles que soient les données ainsi créées, mais ce qui révolutionne le web grand public est effectivement l'aspect collaboratif.
L'un des meilleurs exemples est l'encyclopédie en ligne Wikipedia, qui est maintenant reconnue par beaucoup comme une source d'informations fiable. Nous sommes donc tout à fait d'accord sur ce point.
Là où nous divergeons, c'est sur la vision des outils de CRM actuels. Neocase existe depuis 15 ans et dès le début de la conception du logiciel, alors que le web n'existait même pas et que nous étions en client-serveur, l'aspect collaboratif était déjà implémenté au travers de l'organisation des équipes (et même des partenaires !), et la possibilité pour ces équipes de travailler en commun selon leurs compétences, leur localisation, etc…
C'était les prémices du CRM collaboratif, mais celui-ci n'était effectivement pas orienté utilisateur, dans le sens où l'information provenait toujours d'une entité unique (le plateau de call-center, de helpdesk, …).
En revanche, nous n'avons pas attendu 15 ans pour petit à petit développer cet aspect collaboratif en l'orientant vers l'utilisateur dans nos solutions ! C'est pour cela entre autres que nous avons développé des outils de Self-Service, de base de connaissances 100% orienté client. Ainsi notre base de connaissance peut aujourd'hui directement être enrichie par le client, par les questions qu'il va poser. Il peut les noter, proposer des commentaires et ainsi participer à la création d'une véritable intelligence collective accessible à tous.
La seule contrainte, et l'exemple de Wikipedia est un véritable modèle à ce sujet, est la capacité à maîtriser l'information ainsi générée, la rationaliser et l'organiser (notamment avec des méthodes « web 2.0 » comme les tagsclouds ou plus largement la sémantique).
J'espère que ces précisions auront éclairé votre vision du CRM et vous remercie pour vos remarques qui aura permis de lancer un débat. N'hésitez pas à visiter notre site ou à nous contacter pour une démonstration, nous serions ravis de partager avec vous notre expertise en la matière.
http://www.neocase-software.fr
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