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Redbus tombe en panne : l'Internet français paralysé pendant plusieurs heures

Editeurs, blogeurs et financiers peuvent parler pendant des heures de l'Internet et du Web 2.0, mais tout ce petit monde va peut-être redescendre sur terre… Nous sommes dimanche, et depuis près de 12 heures, une grande partie du monde de l'Internet français est paralysé.



Redbus tombe en panne : l'Internet français paralysé pendant plusieurs heures
On a tendance à l'oublier, mais tout ce petit monde de l'informatique dépend, pour son fonctionnement, d'une simple prise électrique. Serveurs, routeurs, modems, baies de stockage, sauvegarde… tout ce petit monde, qu'il s'agisse des centres d'hébergement ou du PC sur lequel vous lisez ce message, dépend du courant alternatif.
Redbus se dit un des principaux centres d'hébergement européens, il est pourtant tributaire lui aussi des 220 volts fournis par EDF. Sans doute est-ce bien plus complexe qu'une simple prise électrique, mais le principal centre d'hébergement de serveurs de l'Internet français est en panne depuis le début de la journée. Malgré les systèmes redondants censés protéger de ce genre de problèmes (onduleurs, générateurs de secours), l'ensemble des clients de Redbus a vu ses serveurs violemment interrompus plusieurs fois dans la journée. Et ils sont nombreux ! Des leaders de l'hébergement comme OVH ou Amen sont en effet hébergés chez Redbus.

Bien entendu cet incident ayant eu lieu un dimanche, les conséquences pour les entreprises en bout de chaîne sont moindres, mais il faut en profiter pour soulever certaines questions.

Première question : comment un simple problème électrique peut-il mettre à genoux un centre de données aussi important et toute un pan de l'Internet français ?
Redbus est en effet un habitué du problème ; c'est déjà la deuxième fois en quelques mois que ce type de problème survient. Mauvaise organisation, défaut de conception, matériel non fiable, les problèmes potentiels sont nombreux, mais il est inquiétant qu'un hébergeur de cette taille y soit confronté.

Seconde question : le Web 2.0, basé sur des applications de plus en plus critiques, de plus en plus centralisées, n'est-il pas trop tributaire de ces contraintes d'alimentation électriques. Déjà en Californie où l'on cumule une puissance informatique colossale et des problèmes d'alimentation en courant, on se demande si la puissance consommée par les centres de données n'est pas exagérée par rapport aux services fournis.
Et le concept de centralisation, qui je le rappelle est opposé au principe fondateur de l'Internet, basé sur une toile de serveurs capables de communiquer entre eux, même en cas de perte d'une partie du réseau ; ce concept de centralisation n'est-il pas trop vulnérable pour héberger autant d'applications critiques.

Imaginons un instant un scénario catastrophe dans lequel un ou deux des principaux centres mondiaux ou européens d'hébergement d'applications d'entreprise devenaient inaccessibles durant plusieurs jours, les pertes se chiffreraient en pourcentage du PIB !
Il ne faut pas non plus minimiser les problèmes à plus long terme d'alimentation énergétique et de coût de l'électricité. Sans vouloir jouer le rôle de l'oiseau de mauvaise augure, je peux affirmer qu'aujourd'hui aucune des start-up, proposant des applications qui seront demain indispensables à l'économie nationale, n'a pris conscience de ce problème et ne l'intègre à sa réflexion.

A titre indicatif, un client Redbus contacté aujourd'hui, a chiffré pour nous les pertes sèches engendrées par le problème d'alimentation : Trois à quatre jours de travail perdus pour six personnes, deux serveurs hors service, soit plus de 6000 euros, pour un des « petits » clients de Redbus. Et ce chiffrage ne tient pas compte des pertes de chiffre d'affaires de chacun des clients finaux de cet hébergeur.

Le Web 2.0 c'est bien ; Mais il reste tributaire d'infrastructures de bas niveau sur lesquelles il ne faudrait pas oublier d'investir.

Dimanche 26 Mars 2006
Philippe Nieuwbourg
Lu 4830 fois



1. Posté par Jerome le 27/03/2006 09:27
Pour alimenter le débat voilà une info sur la conso electrique d'un datacenter américain de 4 600 M2 > 1.20 $ par M2
http://www.citizenvalley.org/donnees-informatique_a515.html
http://blog.wmaker.net

2. Posté par Stevens Eric le 19/06/2006 14:03
Il y a vulnérabilité technique. Et le problème évoqué est effectivement crucial ( A quand les concepts de développement durable dans les systèmes informatiques, préoccupation s présentes à la naissance du concept Internet). Et puis il y a la vulnérabilité stratégique (qui détient les clefs du DNS ?). Ayant misé une grande partie de la productivité des entreprises sur des systèmes d'information vulnérables et dépendant essentiellement des USA, c'est tout notre système économique que nous servons sur un plateau. Les récents débats sur le DNS illustre que progressivement la conscience du problème fait son chemin. Mais de là à trouver les solutions. Nous sommes donc durablement dépendant d'intérêts qui un jour pourraient être divergents. Des idées d'alternatives doivent être pensées....mais par qui ?
http://www.escem.fr

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